Ateliers PAPOTO: les bons résultats de notre enquête qualitative

Entre juin et juillet 2021 une étudiante en master de sciences sociales à l’ EHESS, Aliénor Trouvillé-Ferrari*, a effectué pour PAPOTO une enquête qualitative au cours de laquelle elle a mené 15 entretiens semi directifs auprès de parents ayant participé aux ateliers PAPOTO. Nous vous résumons ci-dessous les principaux résultats de ce travail qui vient compléter les questionnaires d’évaluation que nous faisons remplir aux participants de nos ateliers à la fin de chaque cycle.

Les 15 parents rencontrés (14 femmes et un homme) sont très représentatifs de notre public habituel : tous sont habitants d’un quartier prioritaire de la politique de la ville ou bénéficiaires d’un hébergement d’urgence, 87% d’entre eux sont nés hors de France et arrivés récemment, 80% sont sans emploi ou au chômage, 26% ont au moins le bac, 46% ont un niveau scolaire égal ou inférieur à l’école élémentaire (deux mères n’ont pas du tout été scolarisées), 40% des femmes élèvent seules leur enfant. Une grande partie des parents comprend bien le français mais éprouve en revanche des difficultés à s’exprimer dans cette langue. Les extraits des entretiens que nous utilisons ici pour illustrer le propos comportent donc une syntaxe approximative, des erreurs de vocabulaire, des idées laissées en suspend.

Tous les parents rencontrés par Aliénor ont exprimé leur satisfaction à l’égard des ateliers auxquels ils avaient pu participer (entre 4 et 7 ateliers) et des supports vidéos utilisés.

Validation de la posture

Le premier enseignement pour nous est que la posture adoptée par les animatrices des ateliers PAPOTO -transmetteur de savoir académique, passerelle vers les consensus scientifiques, écoute active, empathie, bienveillance, indulgence (pour le non respect des horaires), reformulation- semble opérante. « Une très grande partie des parents ont explicitement souligné qu’ils avaient apprécié l’écoute active et les efforts de communication des intervenantes, résume l’étudiante. Elles laissaient la parole à chacun, s’assuraient d’avoir compris les propos des parents, répondaient adéquatement, réexpliquaient lorsqu’elles ne se faisaient pas comprendre et proposaient du contenu en plusieurs langues (en parlant à la fois français et anglais, puis en mettant à disposition de vidéos traduites en bambara, arabe, turc…). »

Une mère exprime sa gratitude : « C’est pas tout le monde qui le fait, c’est une personne qui vient gaspiller son énergie pour te parler, pour t’expliquer, pour te donner des… des conseils de comment éduquer ton enfant et tout ça, gratuitement. D’autres personnes, on aurait payé peut-être. Mais non, c’est gratuit. Et en plus elle vient avec des choses. Par exemple, elle nous avait donné́ un truc, où tu mettais au doigt [des marionnettes à doigts, un des petits cadeaux remis aux mères au cours des ateliers pour renforcer l’assiduité]. Quand on sort et quand on est dans les transports, ton enfant il pleure, tu essaies de jouer. Moi j’utilisais ça, et ça marchait. »

13 parents sur les 15 mettent en avant la confiance accordée en l’expertise scientifique de nos intervenantes, 10 ont apprécié leur « patience ». « Ben elle prenait le temps pour tout le monde, et elle écoutait ce que d’autres avaient à dire, et elle voyait pas le mal quoi», confie le seul père de notre échantillon. « Elle donne bien l’explication, même si je comprends pas tout… […] Elle réexplique. »

Vif intérêt pour les émotions du jeune enfant

A la question ouverte « qu’avez-vous appris avec les ateliers PAPOTO », 14 parents sur 15 ont cité spontanément la gestion des émotions. « La majorité des personnes interrogées a déclaré avoir compris que le petit enfant est débordé par ses émotions et pourquoi il fait des colères, écrit Aliénor Trouvillé-Ferrari. Une des plus grandes découvertes pour elles a été celle que le jeune enfant ne fait pas de caprice : s’il fond en larmes, fait une « crise », c’est parce qu’il est débordé par une émotion forte et ne peut pas s’apaiser seul. Les parents sont capables d’expliquer quels gestes devaient être effectués pour apaiser l’enfant : se mettre à son niveau, lui parler doucement, lui caresser le dos, puis rediriger son attention. » « Ma manière de parler, je trouve que ça a un peu changé, constate une participante. Parce que t’as un enfant qui pleure, ça me dérange, ça me rend nerveuse. Je crie « Qu’est-ce qu’il y a ! », « Tu pleures pour quoi !! », « C’est quoi !! » L’animatrice elle dit, quand un enfant pleure, il faut le calmer, par exemple lui faire des massages, il faut le rassurer… Doucement avec lui, il faut être tendre, patiente… c’est ça.»

Comprendre l’immaturité cérébrale du jeune enfant et renoncer à la violence

12 parents sur 15 estiment être davantage en capacité de décrypter le comportement de leur enfant et, ainsi informés, de mieux comprendre l’inutilité et la nocivité des violences éducatives. Parmi ces 12 parents certains avaient déjà décidé de renoncer aux châtiments corporels, d’autres reconnaissaient frapper leur enfant. « J’ai regardé la vidéo, j’ai vu que non, c’est pas de frapper un enfant quand il pleure, tu dois lui demander s’il a besoin de quelque chose, donc du coup ça m’a… ça m’a appris beaucoup, j’ai vu que ça a changé mon idée. Oui, quand l’enfant il va pleurer. Tu comprends moi je pensais c’était… l’effrayer. Mais c’était pas comme ça. […] Je sais que un enfant tu n’as pas le droit de le taper quand il pleure… ou sinon crier sur lui. Tu dois l’approcher toi, commencer à parler… Donc quand j’ai commencé à fréquenter PAPOTO, j’ai su que… on ne fait pas ça avec un enfant. » « PAPOTO m’a ajouté́, m’a confirmé́ que effectivement, ce n’est pas le fait de crier, ce n’est pas le fait de menacer ou de fesser un enfant qui est éducation, un enfant à un an, à deux ans, qui veut quelque chose qui pleure, c’est vrai, il ne s’agit pas de tout accepter, de tout donner, mais il y a une manière d’essayer de faire comprendre un enfant. »

« Bon, [en Afrique] avec ici, c’est pas pareil. Parce que chez nous, même par exemple, si le bébé il tape, nous on fait, on dit… « tape pas les gens hein », on tape les bébés. Et on m’a expliqué tout ça, maintenant j’ai compris, c’est des enfants, le cerveau n’est pas… euh… tout… [Ne parlant pas bien français, Sissoko peine à trouver ses mots]. Je sais pas c »omment je vais expliquer, mais j’ai compris, maintenant, c’est les enfants, tout ça… Voilà. […] Je, je connais quelqu’un, elle a deux enfants. Mais elle aussi elle parle pas bien français, je lui ai expliqué, tout ça… Parce tout le temps elle va crier son enfant « tu fais pas ça ! », elle tape tout ça, je l’ai expliqué tout ça… Maintenant elle a compris. »

Dans la mesure où une très grande majorité des participants aux ateliers sont des parents originaires du continent africain, pour la plupart récemment arrivés en France (moins de 5 ans), les ateliers constituent une excellente occasion d’aborder les différences éducatives. Précisons ici que la mise en avant de ces différences survient très spontanément dans les échanges, de la part des parents. Les discussions se cristallisent en général sur le recours aux châtiments corporels et les échanges verbaux au quotidien avec les tout petits. Notre positionnement est le suivant : nous recherchons avec les parents un accord sur le fait que le recours à la violence peut, à tort ou à raison, sembler nécessaire aux parents dans certains contextes (société plus violente, guerre, régime politique non démocratique etc…) mais qu’à partir du moment où le contexte change, alors les pratiques éducatives doivent elles aussi évoluer pour permettre à l’enfant de grandir harmonieusement « ici et maintenant », selon les principes de la société d’accueil.

Soyons clairs : nous défendons l’idée que la violence éducative n’est jamais souhaitable, quel que soit le contexte, mais il s’agit pour nous de trouver une stratégie permettant d’obtenir l’adhésion des familles sur ce sujet, et donc d’éviter de délégitimer frontalement ce qu’elles ont pu vivre pendant leur propre enfance. Nous n’avons souvent même pas besoin de développer cet argumentaire : les mères sont déjà convaincues que la violence abime les enfants, les ateliers viennent confirmer ce ressenti et leur donner des arguments pour imposer leur conception auprès de leur entourage et de la « communauté » au sens large. « Moi de ce que j’ai vu en Afrique je me suis dit, moi je peux pas, je peux pas éduquer mes enfants de cette façon. Et franchement quand je vois les enfants se faire frapper… »

Une mère raconte ses échanges avec une connaissance à laquelle elle parle des ateliers PAPOTO : «Elle me dit « non ça c’est du temps perdu », je lui dis « non, c’est pas du temps perdu, c’est la vérité ». Elle dit « là-bas, c’est comme ça, nous nos enfants sont pas comme les enfants des blancs ! » … Je lui dis, « nous nos enfants avec les enfants des blancs c’est la même chose, c’est le même sang ». »

Parler avec son enfant, même si ce n’est qu’un bébé

A cette même question ouverte relative à ce qu’ils ont retenu des ateliers, la moitié des parents participants a spontanément évoqué le sujet de la communication avec le tout petit, la nécessité des temps partagés avec lui, notamment à travers le jeu.

« Au cours des ateliers, PAPOTO insiste sur les petites interactions du quotidien, sur tous ces moments où les adultes peuvent communiquer avec l’enfant, jouer avec lui ou l’observer jouer, l’associer à une activité familiale, rappelle Aliénor Trouvillé-Ferrari dans sa synthèse. Sans tomber dans le piège de la diabolisation des écrans, l’association invite les parents à diminuer le temps passé par l’enfant devant la télévision ou le smartphone et à remplacer ces temps (ou à les compléter) par des moments partagés de qualité (raconter ou lire une histoire à l’enfant, faire un jeu avec lui, l’installer dans la cuisine avec des ustensiles pendant la préparation du repas pour échanger avec lui…). Les parents interrogés montrent qu’ils ont compris l’importance de la communication, mais aussi ce que signifiait l’attention, un terme clé qui a régulièrement été répété lors des ateliers. »

Un exemple avec cette mère : « Les ateliers, avec Licka. Le jour qu’elle a dit que… elle, elle laisse pas ses filles dans la semaine regarder la télé, ce moment-là m’a beaucoup touchée, alors que moi quand les enfants rentrent de l’école, ils me disent « maman la télé, maman la télé ». Du coup, moi aussi, parce que je suis fatiguée,  c’est moi qui gère toute la maison, de préparer… du coup je les laisse à la télé. Mais quand lui il a dit que dans la semaine il les laisse pas la télé, il va les mettre dans les cuisine, il va les équiper, « vous faîtes ça »… même quand ils disent « maman la télé » il dit que « non non non, venez on va faire ça ensemble ». Je faisais pas du tout ça oui, j’ai appris ça là-bas. […] »

La même participante évoque plus loin le témoignage de Malika, une mère de trois enfants qui apparaît dans plusieurs de nos vidéos et dont nous avons recueilli la parole, diffusée pendant nos ateliers.  « Oui j’ai apprécié quelque chose, c’est toujours à propos de la télé, parce qu’elle avait dit que tout le temps ses enfants étaient à la télé, et un jour elle a dit que la télé c’est fini. Et cette maman-là, je crois qu’elle a dit qu’elle n’avait pas trop appris à l’école, mais elle est restée tout le temps avec ses enfants, elle lui amène des livres… même s’ils ne comprennent pas, mais ses enfants vont quand même attirer… […] Ils expliquent bien les choses, et… du coup j’ai appris plein de choses avec d’autres parents aussi. Parce qu’il disait des choses mon fils, et si j’ai plein de livres à la maison, il lirait aussi… en sortie pour aller au parc, et… y’a plein de choses, que, que les parents ils ont dit. […] Maintenant on sort, on va au parc, quand ils rentrent à la maison je leur dis « venez dans la cuisine on va faire quelque chose ». Je leur dis venez dans la salle on va jouer un peu. On regarde un peu la télé, et ensuite, on dit qu’on va jouer. […] Là, là, je vais acheter des livres. Du coup on va faire une petite case là-bas et on va ranger les livres. Du coup euh… je vais rester beaucoup de temps avec eux.»

Une autre mère raconte : « J’ai appris euh… comment jouer avec l’enfant, comment faire quand il est triste, des fois faut raconter une histoire à ton bébé… […] Il dit que quand tu joues pas avec ton enfant, les enfants c’est comme un téléphone, comme ça se décharge… […] De jouer avec lui, le bercer, de faire des choses avec l’enfant, quand tu fais quelque chose, elle aussi elle le fait. Oui quand l’enfant pleure, quand il fait bêtises, s’il me voit partir, je parle à l’enfant, il faut que je me mette à genoux pour parler au bébé, pour lui expliquer. […] Si ce que tu lui donnes à manger c’est les carottes, tu dis « aujourd’hui tu vas manger des carottes ». Il faut lui expliquer tout.»

Sur ce sujet, les parents sont vraiment prolixes :

« Ma fille, je lui chante beaucoup, je chante beaucoup à ma fille. Donc elle aime beaucoup, et… chaque soir, je lui raconte des histoires […]. Au fur et à mesure, c’est en fonction de ça que sa mémoire… va mieux se développer. Donc moi, personnellement, c’est comme ça que je fonctionne, je me réveille le matin, je lui dis bonjour, je communique avec elle, j’ai compris que depuis tout le mois de juin… j’ai compris vraiment que ce que l’animatrice disait est vrai, parce que ma fille, quand je parle, en plus ce que je dis, elle répète. Effectivement c’est vrai, parce que, j’ai remarqué que, comme elle le disait, que… la mémoire de l’enfant n’est pas encore bien formée, c’est au fur et à mesure que tu … en fonction que ce qu’on fait, qu’elle enregistre. Donc moi, depuis que je lui chante, je lui fais les choses, j’ai remarqué qu’elle commence à chanter, elle chante tout seul, elle passe tout son temps… les chansons que je chante, elle les chante… franchement c’est… la solution, c’est, j’ai compris que ce qu’elle disait c’était vrai quoi. Vraiment, communiquer avec l’enfant, même si tu dis qu’elle ne comprend pas, qu’elle ne répète pas, mais au fond elle entend. Donc c’est, c’est un peu ça quoi. Quand tu as fait un bébé, tu dois parler avec elle. Il comprend ou il comprend pas. Ça lui fait du bien. Moi mon bébé j’ai remarqué, à un moment je viens… Elle fait un geste. Il m’a regardé, il a fait aussi. […]

« J’ai appris que même si t’as un nouveau-né, tu luis dis : « bébé bienvenue, on est là, on est là pour toi, on va bien s’occuper, tu vas grandir… on va te donner beaucoup d’amour aussi ». […] Quand il est en train de se laver, tu vas parler avec elle. Tu lui donnes à manger aussi. […] Quand il va me regarder il fait « eeeh », je lui dis « tu as quoi ? tu as quoi ? pourquoi tu fais ‘eeeh’ comme ça ? Dis-moi, dis-moi ».

Si nous insistons beaucoup sur l’importance des interactions précoces pour le développement du jeune enfant, sur son besoin vital d’attention et de relations, sur la nécessité pour lui de jouer, explorer, manipuler sous la vigilance et avec les encouragements d’un adulte, nous prenons bien évidemment en compte les conditions de vie épuisantes des mères participant à nos ateliers, le fait qu’elles sont seules avec leur enfant (pas de conjoint, famille au pays), leur fragilité psychique. Nous insistons sur le fait qu’il ne s’agit pas d’être disponible 24h/24 pour l’enfant, juste de s’assurer que cet enfant reçoit bien chaque jour un minimum d’attention. Et au sujet des écrans, nou essayons en effet de tenir un discours modéré: l’écran n’est pas en tant que tel un danger, même pour des tout petits, tout est une question de contenus, de temps passé et de la possibilité pour l’enfant de bénéficier d’activités propices à son développement en dehors des temps d’écran.

La viralité de l’outil vidéo

Enfin, nous avons pu constater avec ces entretiens que le support vidéo permet à la fois de laisser une trace des notions abordées pendant l’atelier et le partage de ces notions avec d’autres personnes (père de l’enfant, amis, famille élargie). Après chaque atelier nous postons les vidéos visionnées sur un groupe WhatsApp et proposons également une synthèse vocale de la séance.

« Le soir, la nuit, quand je me couche, je vais sur Youtube, je regarde la vidéo et au début je me rappelle un peu de … elle nous a donnés beaucoup de conseils comment gérer l’émotion, y’a eu des cours sur l’émotion, il y a eu des cours sur l’attention, y’a eu des cours sur… le développement de l’enfant… beaucoup de choses, franchement, comme je disais. Donc au fur et à mesure, je vais, quand j’ai besoin d’un conseil, je vais sur mon portable, je regarde la vidéo. » « Elle va nous envoyer les vidéos pour qu’on puisse les regarder à nouveau, revoir et tout pour certaines choses, pour les faire participer, pour les montrer à mon mari, ou à une voisine d’ailleurs à qui j’ai transmis, euh… c’était pratique, pour ceux qui parlent pas bien français, de pouvoir les revoir à nouveau dans leur langue, euh… parce qu’elle propose dans plusieurs langues différentes, ça je trouve que c’est pratique. »

Pour terminer cet article, nous vous livrons le paragraphe de conclusion de la synthèse rédigée par Aliénor Trouvillé-Ferrari :

« Il ressort des entretiens une impressionnante reconnaissance de la part des parents interrogés vis-à- vis des intervenantes. Ces dernières sont dépeintes comme généreuses et rigoureuses. Les enquêtés ont insisté sur la confiance qu’ils leur accordaient, et ce de façon spontanée et répétée. C’est un retour positif qui renforce une des convictions de PAPOTO : il est essentiel de faire des ateliers un espace de bien-être et de confiance. Nous ne savons pas dans quelle mesure ce facteur impacte la participation des parents mais nous pouvons constater que parmi les parents qui semblent avoir tiré le plus de profit des ateliers, l’alliance créée avec l’intervenante semble jouer un rôle prépondérant dans leur adhésion au dispositif. Ce constat devrait donc encourager l’association PAPOTO à poursuivre sa réflexion sur la posture et à maintenir cette réflexion dans les formations autour de ses outils. En l’absence d’étude longitudinale, il est difficile d’estimer les effets réels d’une intervention telle que PAPOTO sur le comportement et les pratiques des parents et surtout sur le développement de l’enfant à moyen et long terme. Une telle évaluation permettrait d’observer si les effets prometteurs, mais balbutiants, perçus à très court terme, persistent dans le temps. »

*Un grand merci à Aliénor pour son investissement à nos côtés, sa rigueur et son enthousiasme.

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